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Enseigner : faculté à donner faim plutôt qu’à gaver comme une oie.

Au hasard d’une pérégrination nocturne, j’avais aperçu plus ou moins ce slogan sur un mur parisien. Ma grande passion pour le cerveau, les cellules, la vie et l’usage que l’on peut en faire m’ont titillé. Comment donne-t-on envie d’apprendre? D’abord par nécessité. Si je vous enferme dans un jardin avec juste un poule pour manger pendant 3 semaines, vous finirez par développer une incroyable capacité à attraper une poule à mains nues. Mais son application est limitée (je m’imagine mal enfermé mes enfants avec une poule pour seul repas et il faudrait que je montre l’exemple pour rester crédible…).

Dans la nature, le monde animal apprend toujours par effet miroir et en jouant. Pour respecter les rituels, les animaux dans leur jeunesse apprennent en étant ludique. Les lionceaux par exemple joueront à chasser des proies avant de chasser pour de bon. Chez les êtres humains, les enfants mimeront et joueront les comportements adultes avant de les répéter certainement. Je dis certainement car la part de libre-arbitre semble beaucoup plus grande chez l’être humain que dans le règne animal.

A ce sujet, la culture populaire ressasse à loisir que l’on possède 98% de gènes en commun avec certains singes qui sont nos cousins les plus proches du règne animal. Bon déjà, sachez que vous avez 75% de gènes commun avec le ver de terre. (On se demande bien ce qu’il y a en plus dans les 25% restant pour différencier autant un être capable de régénérer sa tête si on la coupe et un autre capable d’avoir inventer le smartphone.) Vous pensez que vous possédez 2% de gènes supplémentaires par rapport au singe. C’est exactement l’inverse bande de prétentieux!

Le gène contenu dans l’ADN est comme un interrupteur qui va enclencher des fonctions biologiques et des réactions émotionnelles, bien que pour les émotions et les pensées, l’épigénétique nous refait l’histoire de l’œuf et de la poule. Par conséquent, si vous enlevez 2% de réactions programmées et potentiels dans vos gènes, il y réside un espace vide ou le libre arbitre intervient. L’esprit humain (aussi grand/petit soit-il) comble ce que la nature a estimé inutile de remplir. Le conditionnement environnemental, social etc… va créer des habitudes et créer un nouveau réseau neuronal et activer/désactiver certains de vos gènes.

Mais alors, qu’est-ce qui pousse un enfant, un adulte (la différence n’est pas toujours perceptible) bref un être humain à apprendre? Le bonheur réside-t-il vraiment dans l’apprentissage de quelque chose? Boire des apéros et regarder du sport ne devrait-il pas suffire à nous contenter? Ce faisant, vous apprendrez tout de même, à boire plus d’apéros et à regarder plus de sports à la télé.

Alors, comment guider un esprit vers une nouvelle matière à apprendre? Épineuse question car traditionnellement on apprend plus à obéir qu’à aimer une nouvelle zone d’apprentissage. Le cerveau cherche toujours une utilité et la faculté qu’un être aura à apprendre résidera dans le bonheur que cela procure. Le plaisir est une solution mais il doit faire partie du processus d’apprentissage. Récompenser un être pour une tâche effectuée est comme dresser un animal. Provoquer un besoin supérieur (liberté, amour, joie de vivre) est plus subtil mais beaucoup plus simple : il faut susciter une émotion à hauteur de votre enseignement.

L’émotion, bonne ou mauvaise est un outil largement utilisé dans les flux d’informations auxquels ont accès n’importe qui : actualités, divertissement, biens de consommations. Le plus drôle, c’est qu’il est parfaitement utilisé et inclut dans l’économie mais peu ou pas dans un système éducatif traditionnel (je ne lance pas de débat sur l’éducation nationale : elle est comme elle avec ses qualités et ses défauts). Il faudrait des cours pour générer des émotions et apprendre à les maîtriser. Le libre arbitre , le désir et le plaisir devrait suffire à parfaire le processus d’apprentissage.

Maintenant imaginez un seul instant que les gens prennent l’habitude de générer des émotions positives fortes depuis l’enfance (ni bien ni mal mais positive, au sens qui génère de la joie et de l’amour instinctivement, au sens le plus animal du terme), au lieu d’apprendre à obéir et à gagner un salaire (chose que je trouve bien, de gagner un salaire et que des gens obéissent). Mais sans bonheur durable, quel intérêt d’obéir et de gagner un salaire?

Ça serait drôle si les systèmes sociétales humains favorisaient ce genre de processus. On verrait les dirigeants du monde faire des discours à l’ONU sur la nécessité d’être heureux et d’engendrer de l’amour et de la joie dans chacune de nos actions (haha). Bon maintenant vous êtes pas obligé d’attendre pour donner l’exemple.

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