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La Michetonneuse et le Lapin

Avertissement : toute ressemblance avec des personnages réels ou ayant existé est parfaitement voulu. La narration et les événements racontés n’ont qu’un but divertissant et initiatique. Toutefois, nous vous invitons à user de votre libre-arbitre, de vos émotions et de votre opinion pour juger de cette histoire. Celle de la Michetonneuse (femme qui séduit un homme pour en tirer le meilleur parti financier, se faire donner de l’argent et recevoir des cadeaux) et du Lapin (synonyme : pigeon, homme plein d’espoir, homme désespéré).

Il était une fois, un bar à Paris, mais un bar pas comme les autres, non; un bar ouvert jusqu’à 5h00 du matin, parfois plus si les clients avaient encore très soif et que personne se bagarrait. C’était un lieu de pèlerinage pour beaucoup de monde, car on y trouvait une ressource rare passée 2h00 du matin : de l’alcool. Croyez-le ou non mais si c’était une croisade, ce bar aurait été la Sainte Cité. Loin des lieux remplis de musique forte et d’espace restreint, on pouvait s’y asseoir et discuter à hauteur de ce que la bouche était en mesure d’articuler malgré un taux d’alcoolémie qui ne permettait pas de conduire depuis plusieurs heures.

C’est à ce moment qu’une créature de rêve, une sirène des temps modernes qui pousse les esprits fragiles à s’échouer inlassablement : la michetonneuse. Beaucoup en parlent, beaucoup ont entendu ses chants susurrer à l’oreille « tu m’offre un verre et je serai gentille avec toi », mais d’aucuns l’ont vu à poil. Les plus chanceux, ou les plus généreux l’ont embrassé peut-être. Mais aucune sirène n’a épousé un matelot ni même un capitaine de bateau à ma connaissance.

C’est alors qu’un petit lapinou tout mignon pousse la porte du bar comme s’il poussait les portes de l’enfer. Rempli de bonnes intentions, qui se douterait des rencontres que l’on fait dans un lieu de perdition où tout le monde est bourré, drogué pour la plupart et où l’espérance de vie se réduit de plusieurs jours, d’heure en heure? Tout le monde en fait, mais pas notre petit lapin, qui chose étrange ne sait pas lui-même si son sentiment est de l’espoir ou du désespoir. Mais l’alcool a ceci de magique qu’il transforme toutes les émotions en désir. Et notre sirène moderne est là pour y répondre.

« Tu m’offre un verre » dit-elle. Notez que ce n’est pas une question rhétorique. « Bien sûr dit le lapin, ce que tu veux. J’ai rarement l’occasion de discuter avec de jolies créatures comme toi dans un lieu comme celui-ci (ça vous étonne? vraiment?) ». Et les sirènes bah ça boit pas l’eau de la mer, ça boit du champagne, à la bouteille si possible. En plus, le barman est magicien, il transforme du mousseux bon marché en champagne hors de prix comme Jésus transformait l’eau en vin. « Bah alors, t’as l’air triste? » dit-elle en lui posant la main sur la cuisse, mais pas de façon vulgaire pour lui caresser les testicules. De façon ambiguë, comme si elle pouvait tomber amoureuse, mais c’est une sirène, et les lapins, ça ne fait pas la différence entre une femme, une michetonneuse et une sirène. Encore moins à 3h00 du matin, dans un bar de nuit, ivre mort à Paris.

Par contre ça papote beaucoup. Juste un détour pour vous raconter que pendant l’Union Soviétique, la légende raconte que les espions russes aimaient faire boire leur prisonniers ou cibles pour créer un climat de confiance et pour les pousser à parler de façon complètement désinhibée. Dans notre conte, c’est juste pour faire les poches du lapin. Après beaucoup de verres et une fois que la pression sanguine sera insuffisante pour qu’il puisse assouvir son désir, notre animal est laissé à l’abandon. « On se reverra? ». « Bien sûr mon chéri, je suis souvent ici (à chanter la messe pour les brebis égarées). »

Le lapin reviendra souvent effectivement, il aura des gestes affectueux de la part de la michetonneuse, et beaucoup d’espoir d’avoir un coït. Mais comme un joueur compulsif de poker, il perdra beaucoup d’argent. Et plus il perdra, plus son espoir grandira. Et quand il sera aussi sec qu’une carcasse rongée par les vautours, il finira par s’échouer, maudissant les dieux, et les sirènes. Mais petit lapin, qui t’as poussé à franchir les portes de l’enfer?

Que nous apprend ce formidable récit initiatique? Que les lapins sont idiots? Que les michetonneuses sont méchantes? NON! On apprend surtout que l’on est responsable des ses actes. Devenir une carcasse bonne pour les charognards n’est que le point d’orgue d’une succession ininterrompue de décisions prises : sortir de chez soi (au lieu de lire un bouquin pour apprendre sur soi), aller dans un bar (au lieu de se promener), parler avec une jolie fille (que fait-elle seule dans un bar rempli de mecs forts intéressants, j’en doute pas, mais ivres morts et bourrés de désirs dégueulasses?), etc…

De plus, quand les choses ne sont pas claires dès le début, le chant des sirènes se cache tout près. Dans tous vos rapports humains (travail, famille, amis), si la parole n’est pas juste et les actes éloignés des promesses (un peu comme en politique parfois), un lapin ou une sirène se cache pas loin.

Dans ce cas soyez le barman… ou évitez les bars la nuit.

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