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« Si je ne change pas le monde, qui le fera? »

J’avais écris que les relations humaines pouvaient se résumer à l’idée de savoir si une personne a suffisamment de qualités pour qu’on supporte ses défauts. Aucune action n’est neutre, mais porter son regard sur ce que l’on juge « mauvais », « inutile », « inefficace » transforme son environnement comme on met une couche de vernis sur un objet. Il est plus facile d’en remettre une couche avec des qualités si on les juge assez « fortes ».

Mais c’est quoi une bonne qualité? Les philosophes (des types qui aiment la sagesse) ce sont écharpées pendant des siècles pour savoir laquelle est nécessaire à un homme pour mener sa vie et avoir un impact positif sur son environnement. Oubliez ces notions « bonnes » et « mauvaises ». Nous nous attacherons à ce qu’elles engendrent et aux émotions qu’elles provoquent.

L’avantage d’une émotion, c’est qu’on peut en mettre partout. Cette idée d’éprouver pleinement chaque respiration, d’aimer faire la vaisselle ou l’amour, d’apprécier « la rosée des petites choses » se retrouve dans cette vision du monde. C’est d’ailleurs, à mon humble opinion, l’idée qu’Épicure a voulu développer dans son fameux Carpe Diem. « Cueillir le jour » pour une époque où il y avait pas de voitures, pas d’internet et où des esclaves devaient servir à apprécier l’eau fraîche et une balade en forêt.

Alors, en ajoutant continuellement des émotions qui vont engendrer des vertus et inversement (des vertus qui vont engendrer des émotions), peut-on espérer un impact durable sur le monde? Vous êtes révoltés devant les actualités? Arrêtez de vous soucier de la course aux armements à travers le monde et allez faire une balade. Vous regarderez un bout de nature en vous demandant ce qu’il faudrait pour en préserver d’avantage. Ou vous penserez à votre prochain apéro.

Parce que la force d’une émotion c’est qu’elle devient vite addictive. Avez-vous déjà remarqué comme les personne honnêtes ou malhonnêtes ont ce même « truc » qui semble rendre leur comportement viscérale? Le problème d’une émotion, c’est qu’elle provoque une réaction chimique éphémère : le plaisir. C’est ce principe qui pousse à répéter un comportement : avoir une nouvelle dose de plaisir. Les vertus qui provoquent ce plaisir ont autant besoin d’être répétés qu’un héroïnomane a besoin d’une nouvelle injection.

Vous voulez devenir accroc au sport, au bonheur, à la paix? Il faut commencer par une petite dose, et au fur et à mesure, vous aurez besoin de d’avantage. Vous aurez besoin de vous entourer de personnes qui vous permettent d’engendrer plus de ces émotions. Vous trouverez dans cet entourage des personnes portées sur la boisson, d’autres fainéantes, mais ces défauts se rattrapent plus facilement qu’un faiseur de paix malhonnête (exemple : un homme qui fait la guerre et prône la paix. L’inverse est plus rare).

Alors vous pensez que vous ne changerez pas le monde? Mais souvenez-vous, après cette balade en forêt, vous vous êtes demandés comment produire un peu de nature chez vous pour éviter d’acheter des tomates sans cesse dans des barquettes en plastiques. Et puis vous avez découverts l’aquaponie. Vous vous êtes ensuite demandés comment limiter votre consommation en viande parce que les bêtes ça consomme beaucoup mais genre beaucoup d’eau et de bouffe.

Et puis vous vous êtes souvenus que les parisiens élevaient des lapins et des poules sur leur balcon pendant la guerre et que vos grands-parents mangeaient de la viande le dimanche seulement. Et puis grâce à mon article, vous utilisez plus de papiers toilettes depuis des mois et ça fait beaucoup d’eau d’économisée alors, il vous en faut toujours plus, parce que c’est une émotion très agréable de sentir son impact sur son environnement. Et puis ça a l’air plus efficace qu’une voiture électrique ou qu’une réunion intergouvernementale.

Alors c’est difficile au début, un peu comme son premier verre de whisky mais si on peut finir par en boire avec son café au petit déjeuner, on peut bien finir par se laver à l’eau froide, et faire pousser des courgettes dans son salon. Elle peut être très forte cette illusion que l’on est dépendant d’un système, mais on vit avec lui, plus que l’on en dépend.

Quand j’écris « si je ne change pas le monde, qui le fera? », il ne s’agit pas seulement d’écrire un titre racoleur qui vous pousse à lire cet article. Il s’agit surtout que vous vous posiez la même question parce qu’avec des millions de gouttes d’eau, on fait de jolies mers. Il y aussi ceux qui préfèrent devenir un bout de sel qui donne se goût amer à l’eau mais quelle goutte d’eau s’en soucie. Et il n’y a qu’une mer morte.

Un dernier mot sur le secret des océans : c’est la mutualisation des intentions de toutes ces gouttes d’eau qui façonne le monde. Le monde ne change pas, il s’adapte. En voilà un entonnoir pour la réalité!

2 réponses »

  1. “Tu me saoul avec tes articles”, ça c est un titre racoleur à un commentaire … tu as trop raisons sur tes textes , de plus tu m’as fait arrêter le pq! Tu dit si vrai a chaque article, ça fait flipper. Continue et on vas changer le monde 🌎

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