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La blessure du requin et le prince pas très charmant

Il était une fois, un prince pas très charmant et un requin qui aimait bien l’odeur et le goût du sang, pourvu qu’il ne se blesse pas. Le prince et l’animal avaient pourtant un point commun à beaucoup d’animaux sur terre : fallait payer le loyer à la fin du mois! Comment les deux s’étaient-ils retrouvés à patauger dans les mêmes eaux? Parce que l’Univers a le même percepteur pour nous tous : le P O G N O N.

Le requin après de lourds sacrifices et un paquet de petit poissons avait réussit à trouver de quoi payer ses percepteurs. Mais l’argent est une drogue, plus encore pour ce dernier qui pensait que le sang amenait immanquablement plus de thunes. Le prince, pas très charmant devait lui aussi donner au percepteur son obole. L’obsession du loyer à payer et du frigo à remplir scelle les destins très facilement.

Et pourtant, la faculté à choisir devait réunir se duo pour quelques lunes. Le requin pensait que son tableau de chasse allait s’agrandir. Quand on est un petit chef, chaque petite victoire paraît bien grande. Quand on est un prince pas très charmant, on est content de retrouver sa famille, même le frigo à moitié remplit, le bonheur garde une saveur qui n’est pas tâchée par le goût du sang.

Le gros poisson, comme tous les petits chefs, mangeaient les petits poissons, et flattaient les gros bonnets en oubliant qu’à force de manquer de petit poissons, il en deviendrait un lui-même. Le prince pas très charmant avait perdu l’habitude de se battre. La bagarre l’avait amoché, et il se souvenait de plus en plus que la fuite est un réflexe de survie équivalent à la bataille. Mais un requin peut-il avoir cette sensation de gagner une bataille sans une goutte de sang qui tombe dans l’océan du labeur?

Tandis que le prince pas très charmant naviguait sur son radeau au milieu des requins, il prenait le temps de regarder l’horizon, la terre ferme, et les étoiles la nuit. Le bleu de la mer perdait de sa beauté la nuit et le seul moyen qu’il avait de se rassurer était de rêver en silence, en observant les étoiles. Le requin, obsédé par l’argent et le sang étouffait d’angoisse la nuit. Sa propre soif le hantait chaque seconde où la nuit était là, tout autour de lui.

Il percevait l’océan différemment. Il ne voyait pas le ciel, ni la terre. Il cherchait désespérément un nouveau poisson à bouffer ou un prince un peu trop charmant en quête d’humilité. Mais ni les poissons, ni les princes aiment se faire bouffer, et la nuit pour le prince, servait à passer du temps avec femme et enfants. La princesse, très charmante, méritait largement que le prince aille guerroyer contre une flopée de requins, avilis par le sang.

Le requin aussi avait une famille, mais il faisait des choix idiots. Il prenait des anti-dépresseurs pour chercher toujours plus de poissons à sucer pour les gros bonnets. « D’ici 10 ans, ça vaudra le coup d’avoir perdu l’amour d’une femme et le respect d’un enfant (ou l’inverse), pourvu que je gagne 3000,00 euros par mois. Ça paiera les anti-dépresseurs, et je n’ai jamais pris un jour d’arrêt. Les gros bonnets seront fiers. N’est-ce pas ce qui compte? ».

C’est ce que font les requins, ils cherchent du sang au lieu de chercher le bonheur. Les requins seraient plus heureux s’ils étaient végétariens, mais aucun n’a eu le courage d’essayer. Le prince a finis par rêver de plus en plus fort. Il a dit au requin d’aller se faire foutre, comme beaucoup d’autres princes pas très charmants qui voulaient pas finir en bouffe pour les poissons.

Alors à force de regarder le ciel, le prince a finis par toucher terre sans même s’en rendre compte. Son radeau l’a ramené les deux pieds sur terre et la tête hors de l’eau. Il a finis par construire quelque chose d’inconcevable pour le requin : du bonheur. Mais comme le long de la plage, l’eau effaçait sans cesse ses projets, il a porté son bonheur sur le dos et s’est mis à marcher à travers les étoiles, toujours plus haut, toujours plus loin. Il a de quoi payer le percepteur toujours, mais il est vachement plus heureux.

Le requin n’a pas vraiment changé même s’il tente de se transformer en sirène. Il racole en espérant attirer de nouveaux poissons et puis les gros bonnets aiment bien les sirènes, ils trouvent ça séduisant, un poisson qui chante et qui se prend pour un requin. La nuit, il s’angoisse de plus en plus, pour trouver toujours plus de sang, plus d’argent, plus de médicaments qui puisse le soulager. Sa famille part peu à peu comme un mauvais rêve qu’on a du mal à oublier,mais le goût du sang est devenu trop fort pour lui. Il ne verra jamais les étoiles et les étoiles s’en moquent.

Et le prince dans tout ça? Il est devenu charmant, ET magnétiseur.

A la semaine prochaine,

Boris

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