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Une histoire de la violence : le poulet est mort.

Il y a deux formes de violences dans le cerveau d’un animal : celle qui lui permet de choper une copine, de se reproduire et de montrer qu’il a la plus grosse et celle qui l’oblige à survivre. Cette dernière doit être en mesure de tuer. Il n’y a aucune raison de juste faire mal, si la survie est en jeu. Alors comment réagit le cerveau humain, après quelques années d’évolutions? Plus ou moins de la même façon.

D’ordinaire, en société, quand elle est civilisée (vous pouvez mettre dans ce dernier mot tout ce qu’il vous plaira), la capacité ou l’importance de la fuite est souvent sous-estimée. Je n’évoque pas celle d’une bagarre de bar où l’ego va défendre ses idées reçues. Exemple : « il m’a mal regardé/parlé, je dois lui casser la gueule ». La survie n’est absolument pas engagée mais le cerveau a une faculté incroyable a transformé une émotion en besoin vital. L’alcool par exemple…

Si la survie est engagée, la partie la plus primaire de votre corps ne va pas réfléchir, elle va fuir, ou se battre dos au mur. Si vous êtes du genre à martyriser des êtres humains, faîtes attention à celui qui va se battre, les mains ouvertes en ayant peur, il sera certainement plus apte à vous tuer par erreur qu’un type qui se bat les poings fermés en étant juste énervé. Ce dernier sera en état de ritualisation de la violence. Il n’y a pas besoin d’un ring pour ce type de rituel issue de notre évolution de mammifère.

A quel moment vous estimez une situation violente? Quand elle provoque un stress? Prenons l’exemple d’une situation au travail ou dans un couple qui provoque plus qu’un simple stress. La fuite est certainement le moyen le plus sûr et le plus efficace de résoudre le problème au moins temporairement. D’autres problèmes seront à résoudre (un nouveau travail, un nouveau lieu où vivre, etc…) mais si c’était si simple, verrait-on autant de personnes subir leur travail, leur couple, leur vie.

Un schéma sera mis en place pour justifier alors une situation violente : « j’ai besoin de ce travail » par exemple. Vous voyez, la peur est un formidable moteur qui permet une grande violence récurrente à laquelle le cerveau et le corps s’habitue très bien pourvu que la mort ne soit pas un risque immédiat. Si l’on peut prédire à quelqu’un qui subit son travail la date de sa mort en lien direct avec son labeur, vous ne pensez pas qu’il changera immédiatement de travail, ou arrêtera de fumer?

Il existe une façon imparable de ne pas subir de situation violente : se préparer à l’éventualité d’une telle situation. Vous regardez les faits divers sordides de temps à autre avec des gens agressés qui meurent « bêtement »? Ça vous effraie? Avez-vous pris des cours de self-défense depuis? Je pense vraiment que la joie et l’amour sont de loin de meilleures émotions à entretenir que la colère ou la violence, mais si un type tente de vous faire souffrir, l’amour n’est peut-être pas la réponse instinctive la plus adaptée.

Vous voulez une idée de la violence nécessaire pour préparer son corps à un réflexe de survie? Tuez votre propre viande à l’occasion si vous en mangez. J’ai la chance de vivre en province et d’avoir un grand-père qui m’a montré comment tuer et préparer un poulet avant de le cuire. C’est pas aussi évident que de commander des nuggets au fast-food… Quand vous rentrez dans le poulailler pour choisir un animal, tout le monde sait pourquoi vous êtes là et toutes les poules courent à l’exacte opposée de vous.

Ensuite, il faut garder fermement la poule en main, l’assommer et l’égorger. Vous n’avez plus qu’à la plumer et la dépecer. Je vous garantie que vous mangerez certainement moins de viande après ça, au moins un temps.

Dans vos élans de colère, quand votre esprit s’égare dans une zone de non-droit de votre tête, imaginez la violence qu’il faudrait alors déchaîner pour traverser une peau humaine et engager le pronostic d’un agresseur. La fuite est certainement toujours la meilleure option en cas de danger. Après la notion de territoire intervient également dans certaines situations, mais dans ce cas c’est le mammifère en vous qui s’exprime, en voiture par exemple, ou dans un bar.

La situation peut vous sembler violente, mais elle est toujours moins que pour le poulet qui a finit dans votre assiette. Enfin, quand vous regardez, commentez, menacez de violence, sur les réseaux sociaux par exemple, c’est la violence ritualisée qui s’exprime, celle qui se transforme en émotion. L’instinct de survie se passe d’émotions, et de commentaires.

Comment travailler, son instinct de survie et une violence ritualisée? Faîtes des arts martiaux, avec l’état d’esprit qui vous convient. Mais pensez qu’au Japon féodal, les pratiquants s’entraînaient à se battre à un contre plusieurs adversaires. Bah oui, dans une situation où la survie est engagée, on va pas se battre « à la loyale », à un contre un.

Vous croyez que c’est juste pour le poulet de finir dans votre assiette? Il peut même pas apprendre le karaté pour se défendre.

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