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L’honneur et la justice? Hahaha

Quand vous grandissez dans les années 90, vous avez forcément grandit avec Dragon Ball Z, Les chevaliers du zodiaque et le club Dorothée. A moins d’avoir eu une éducation sans télévision, il y a de grandes chances pour que vous ayez tenté un jour de refaire un kaméhameha dans votre chambre. Autant les enfants nés dans les années 2010 me demanderont comment j’ai fais sans Netflix, autant j’ai un souvenir heureux des pubs débiles pour acheter des jouets en plastique chinois entre deux mangas.

Ce truc frappant dans les mangas grands publics de ces années, c’est comment une justice divine s’accomplie. Le Karma et le héros sont toujours plus fort. Ça peut prendre 19 épisodes pour battre Freezer, on sait que Goku va gagner! Et dans le schéma narratif classique des séries d’action (Die Hard, Rambo, Saint Seya par exemple…) il s’agit toujours d’un mec qui va en défoncer pleins d’autres. Dans l’inconscient, ça créer une sorte d’image de héros juste qui est toujours plus fort qu’un groupe de méchants.

Pourtant, il est une valeur morale largement mise de côté dans toutes ces histoires : l’absence totale de combat juste et honorifique. Pensez-y : à chaque fois un groupe de personnes trop faibles pour se battre attendent qu’un ou plusieurs héros (Marvel et DC comics par exemple) viennent les sauver. Surtout que l’on trouve injuste que plusieurs méchants attaquent un seul gentil mais si le méchant est vraiment sadique, on est content que plusieurs gentils l’attaquent (hein Cell, c’est bien fait pour toi!).

Tout ça pour dire qu’à ce sentiment de révolte avec le monde que l’on peut avoir parfois quand on se réveille, il existe plusieurs stratégies pour se réveiller heureux (l’unique but de se blog en plus de vous divertir est bien de vous permettre d’être plus heureux, sinon pourquoi viendriez-vous?). Prenons exemple sur Batman, l’un de mes héros d’enfance : il se bat toujours contre pleins de mecs à la fois, content d’être à plusieurs pour le savater.

Dans la vraie vie, c’est souvent pareil. Pour avoir travaillé la nuit de nombreuses années, et avoir fait quelques mois dans l’armée, je vous assure que les bons sentiments d’honneur et de justice n’existent pas une fois que le soleil s’est couché. Si vous cherchez un combat valeureux et avec les honneurs, trouvez un club sportif qui pratique les arts martiaux et vous aurez l’opportunité de combattre, contre un adversaire, dans un espace réglementé. Ce qui est drôle c’est que l’origine martiale avait pour but de se battre par nature contre un ennemi plus nombreux ou plus fort.

La catégorisation du poids par exemple est une aberration martiale au regard des anciens et n’est apparu que dans les années 70. Imagine-t-on un agresseur vous surprendre de jour, dans votre catégorie de poids, sans risque de trop vous blesser? On s’étonne parfois dans les faits divers d’agressions qui ont lieu par un groupe contre une personne, de nuit avec un peu d’alcools et de drogue au milieu de ces rivalités. Qu’y a-t-il d’étonnant?

Si ces gens voulaient se battre dans les règles de la chevalerie, ils le feraient dans un club sportif. Alors non, je ne pense pas que la vie soit un immense champ de bataille ou une jungle, mais je ne trouve pas surprenant que des gens plus forts par des aptitudes ou par le groupe tentent de profiter d’une situation ou d’un autre groupe. Les belles valeurs guerrières (l’honneur, le combat équitable, la justice) sont utiles pour le vainqueur et pour les héros des histoires populaires.

Mais ces héros en général s’entraînent super dur, n’ont pas de famille ou d’enfants (je pense à Goku qui a un gosse mais il l’envoie s’entraîner dans la pampa à huit ans pour se battre dans un combat probablement mortel contre Vegeta…), et se battent toujours à un contre plusieurs et contre des types plus forts.

La morale de toutes ces histoires, c’est que si vous êtes révoltés parce qu’une situation semble profiter de votre faiblesse, il est possible de renverser la situation et qu’il est normal de livrer combat contre un ennemi plus fort (une addiction, un groupe malveillant, votre belle-mère…). Avant de se battre en pyjama en un-contre-un entre quatre murs, les arts martiaux apprenaient à se battre dans la nature, en un-contre-plusieurs, plus forts par le poids et la taille.

Et qu’est-ce qu’on apprends dans un dojo? Qu’avec de l’entraînement, la victoire n’est pas certaine mais plus probable. Oubliez les belles valeurs si vous cherchez la justice, l’honneur ou encore l’équité. Il va falloir produire ces valeurs vous-mêmes. Si un ennemi vous semble plus faible, allez-vous attendre qu’il soit de « votre niveau »?

Après c’est un schéma qui marche également pour le bonheur, la joie, la paix (Merci Ueshiba). Vous pouvez vous entraîner pour vous battre ou pour éviter de vous battre. Vous pouvez juger ou être un exemple. Vous pouvez apprendre à nourrir une révolte ou à nourrir la paix. « Ouais Boris, c’est super le monde des bisounours martiaux mais comment je fais pour pas être révolté avec tout ce qui passe dehors? »

C’est une excellente question mais je vous cache pas que ça va demander de l’entraînement…

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