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A la recherche d’une histoire incroyable

Si vous êtes arrivé par hasard ici, grâce ou à cause des cycles de formations, sachez que je cherche depuis quelques mois une histoire incroyable à raconter. J’ai eu l’immense privilège de parler 20 minutes avec Arlette, mais pas avec Nicholas. Ils avaient tout deux des choses surprenantes à nous raconter, d’incroyables récits mêlant espoir et bienveillance.

C’est important de raconter des histoires. Vous en écoutez et en raconter tout le temps, que ce soit des ragots au travail, ou des émeutes à l’autre bout du monde. Chaque bout de conscience que votre conscience aperçoit ou heurte parfois, c’est une vie qui peut raconter pleins de choses. Alors, ce n’est pas toujours d’un intérêt certain mais pourtant, derrière une publicité, une série, une émission télé, c’est une histoire qui vous tiens en haleine, au point parfois de se coucher tard et de se réveiller fatigué.

Pourquoi? Qu’est-ce qui pousse votre cerveau à s’affranchir du temps pour savoir ce qu’il va se passer… Il y a pleins de biais cognitifs utilisés, et vos émotions deviennent une sorte de pile à alimenter qui va à son tour alimenter tout un système de pensées. Alors, voilà, j’ai adoré le récit d’Arlette et celui de Nicholas, mais je suis devenu accroc aux histoires des gens, aux histoires incroyables bien sûr.

J’ai passé près de 15 ans derrière un comptoir à écouter les récits de la misère humaine et lire quelques ouvrages de Zola suffiront à vous faire le récit de ce que j’ai pu entendre. Les actualités sont aussi un formidable terreau de mauvaises pensées mais si elles existent encore, il y a bien des gens pour regarder. Je ne leur jette pas la pierre parce que c’est inutile, autant que commenter une actualité. Mais ce qui fonctionne, ce sont les histoires, avec de belles émotions, et une fin heureuse (sans une tragédie au début comme Bambi ou Le Roi Lion si possible).

J’aime les trains qui arrivent à l’heure. Si vous avez quelqu’un, qui connait quelqu’un qui veut raconter une histoire, qui mérite qu’au moins deux êtres humains la lisent (moi et vous), alors prenez contact! Dîtes-lui qu’un modeste magnétiseur de province adore les histoires, et encore plus les raconter. Comme ça, un jour, quelqu’un cherchera quelque chose à raconter de beau, d’inspirant, et je pourrai gonfler mon orgueil en me disant que c’est ici que ça a commencé.

Je finirai sur un zeste de poésie de Antoine de Saint-Exupéry :

« fais de ta vie un rêve et fais en sorte de vivre ce rêve ».

L’un sans l’autre quand on y pense, ça marche pas…

A bientôt, Boris

Une voie du bonheur

J’aime autant écrire sur le bonheur, qu’il y a de faits divers sordides dans les actualités quotidiennes. Et pourtant, je vous assure que c’est un sujet difficile à évoquer. Il y a maintenant près d’un mois que je cherche des histoires incroyables à raconter comme celle d’Arlette. Pourtant, toute l’industrie du divertissement (informations comprises puisqu’elle applique les codes du story-telling, la politique également mais c’est un autre sujet) raconte des histoires.

N’importe quel programme grand public, même petit public ou de niche utilise la narration, l’effet de suspense, de mise en scène pour raconter des histoires. Toutes les émissions de « télé-réalité » ont des équipes énormes qui réfléchissent à comment raconter des épopées (« Bryan va-t-il sortir avec Pamela? », ou « Jean va-t-il se faire exclure de son groupe comme une petite merde » par exemple). Derrière toutes ces histoires divertissantes, il y a ce mythe : « Les gens ont bien besoin de se détendre ».

Après on peut rajouter ce qu’on veut après la phrase « les gens ont bien besoin de se détendre :

  • avec des histoires niaises
  • avec des histoires intelligentes
  • avec des histoires inspirantes
  • avec des histoires heureuses »

D’un point de vue ésotérique je participe moi-même à ces histoires en y mettant des pensées quand j’écris à ce sujet. Mais j’y ajoute une autre pensée plus forte « des histoires inspirantes comme celle d’Arlette provoquent plus de bonheur ». Et c’est bien pour ça que j’en cherche désespérément depuis un mois maintenant. Il me faudra peut-être un an pour trouver une nouvelle Arlette qui vous coupe le souffle en 20 minutes d’une vie entière, mais je trouverai.

Le bonheur est toujours une affaire de choix. Dans cette petite révolte que je mène sur mon blog (qui ça va intéresser sur twitter?), je mise beaucoup sur l’effet de propagation des émotions. Vous pouvez bien sûr regarder ce qui se passe dans le monde (crise sanitaire/économique/sociale…) mais ici vous aurez toujours un exemple de joie et de bonheur qu’il est possible d’envisager et de suivre.

J’ai l’impression que souvent, les histoires épiques ont plus de succès, ou du moins celles qui suscitent de fortes émotions (vengeance, violence…). Le bonheur a un aspect mielleux que ne provoque pas la même dopamine qu’un verre de whisky mélangé à un cigare cubain. A mon sens toujours, le bonheur est un choix incroyablement difficile parce qu’il implique souvent des vertus quotidiennes. Etre à l’heure, être loyal, serviable, aimant, empathique, fort, représentent des rayons entiers de bibliothèques qui sont des pensées et des actions contre-intuitives.

Il n’y a aucun livre grand public qui apprend à fumer, boire, être infidèle, en colère parce qu’il suffit de le faire pour le devenir. A ce moment s’oppose la notion de bonheur immédiat et de bonheur différé. Cas typique : un régime alimentaire sain face à de la junk food régulière. Devenir un « champion » nécessite alors des efforts et un moral démesuré.

Bref, le bonheur n’est ni naturel, ni facile, ni confortable sinon pourquoi autant de gens auraient besoin de se détendre avec des histoires… Rassurez-vous, lire et écrire n’est pas non plus naturel pour un enfant à la naissance, mais ça s’apprend très bien. Il y en a même qui finissent par devenir des champions de l’histoire et qui propagent leur rêves comme on propage du bonheur.

Bien à vous,

Boris

Pendant ce temps, des gens meurent et d’autres vivent

Récemment je regardais la chaîne Brut et des gens qui vont dans l’espace évoquaient un syndrome psychologique particuliers la première fois que l’on voit la planète et sa forme sphérique : une sensation de faire partie d’un tout universel. Il faut bien ça je pense pour être frappé d’un coup par notre condition et tout ce qu’elle comporte de merveilleux.

Alors si vous avez des factures à payer, des rentrées d’argent gelées, que tout va mal, voici un moyen de s’émerveiller quelques instants. La situation ne va pas s’améliorer (il faudrait pour ça cesser de lire mon article et construire une solution dès maintenant) mais si vous voulez flâner par ce beau dimanche et éprouver de belles émotions, c’est le bon endroit.

Parce qu’il y a une semaine, j’ai jeté une bouteille à la mer en espérant que quelqu’un veuille me raconter une histoire incroyable comme celle d’Arlette. Je vois sur les réseaux sociaux quand je souhaite une « température » du monde extérieur pleins d’histoires de la vie ordinaire. Des gens qui boivent des coups, d’autres qui jouent avec leurs enfants, certains qui se révoltent, d’autres qui proposent un peu de sagesse.

C’est l’effet de rouler sur l’autoroute et de regarder par la fenêtre à voir un paysage sans le contempler. C’est pour ça que je partage très peu ce que je vois, je le trouve souvent commun. Ce n’est pas péjoratif, c’est juste que le temps est une ressource très précieuse à mes yeux, et partager une histoire de la vie ordinaire me donne l’impression de faire perdre son temps, à moins de le faire au téléphone ou autour d’un café bien sûr.

Mais dans mon passé lointain d’étudiant en journalisme, j’ai appris à raconter les histoires. On peut en inventer aussi, comme je le fais dans mes chroniques sur les voyages dans le temps, mais il y a une saveur toute particulière aux histoires que l’on raconte et à celles que l’on écoute. Encore plus quand elles sont incroyables. Qu’entend-on par incroyable? En général c’est une histoire qui finit bien où le héro a vécu pleins d’événements intenses. Arlette est un exemple parfait. Mais c’est une histoire sur 7,5 milliards d’êtres humains.

Je me suis ensuite demandé, combien de gens vivent et meurent chaque jour. Toujours dans l’idée que l’on doit diriger son regard, ses intentions et ses émotions vers quelque chose de beau, je me dis qu’il doit bien y avoir du choix dans les histoires, dans le monde entier. Pour vous éclairer, voici les statistiques mondiales en temps réel : https://www.worldometers.info/fr/.

Effectivement il y a du choix. La chose qui a créé l’univers et la matière s’est bien débrouillé avec des milliards de milliards de galaxies et d’étoiles pour nous permettre d’avoir des milliards d’êtres humains sur la même planète, avec autant d’histoires exceptionnelles à raconter. Il y a bien sûr beaucoup de tranches de la vie ordinaires, mais je garde cette intime conviction qu’il reste des récits fantastiques à explorer.

L’étape la plus difficile dans un récit authentique c’est de le trouver. Je ne veux pas prospecter et m’inviter dans la vie des gens pour leur mettre un micro sous la bouche et leur dire « racontez-moi! ». C’est une reconnaissance infinie que j’ai pour Arlette d’avoir partagé son histoire et qui m’a permis ensuite de vous la raconter.

Alors voilà, si vous connaissez des gens avec des histoires qui finissent bien et qui donnent de l’inspiration, dîtes-leur de me contacter s’ils voulaient en faire un récit pour les autres. Au milieu des photos de vos vacances et de vos apéros, ça sera sympa une photo d’une « Arlette » que vous ne connaissez pas et qui vous montrera un récit qui engendrera de belles émotions.

Ça vous évitera d’avoir à aller dans l’espace pour vous aider à vous rendre compte que vous faîtes partie d’un tout universel…

C’était écrit?

Continuons notre odyssée spatio-temporelle. Le ministère des voyages dans le temps change les règles régulièrement. Il autorise à nouveau la publication de nos récits à travers les âges sous couvert qu’il représente un récit narratif. Le ministère ne veut plus d’articles au sens stricte. Il préfère que l’on raconte des histoires… C’est ce que nous faisons depuis Jules César mais après un XXIème siècle qui se voulait rigoureux, nous avons changé la sémantique au XXIIème siècle.

Comprenant que nos lecteurs s’attachent plus aux émotions qu’aux faits, nous avons décidé de les mettre aux services de la réalité de façon évidente. Jouer sur une corde émotionnelle pour raconter un fait sans le faire explicitement est contraire à l’éthique, mais qui oserait le faire de façon aussi évidente sans que ça se remarque?

Votre fidèle journaliste du temps a donc décidé de se rendre quelque part dans la Marne, en 1915, un an après le début de la Grande Guerre. C’était il y a près de deux cent ans, et nous savons tous comment ça a fini mais derrière ce caractère évident au passé que l’on raconte, il y a une chose que permet le voyage dans le temps : se rappeler qu’au présent, le doute prime.

Les armées ne bougent plus depuis des mois, et une ligne de front s’est figée dans la boue. Déguisé en infirmier (je vais pas combattre, je suis reporter du temps, pas reporter de guerres passées), je me permets d’interroger quelques soldats, les membres mutilés par le combat et l’esprit arraché par cette violence inouïe : »

-Alors soldat? ça va?

-Est-ce que ça va? Non, ça fait une semaine que j’ai quitté ma tranchée pour foncer dans le no man’s land, et que je suis arrivé ici, les membres blessés. Mais le pire, c’est les cauchemars. Cette guerre, elle nous prive pas seulement de nos amis, de nos familles, de nos bonheurs, ce qu’elle nous arrache, c’est notre sommeil, pour toujours.

Depuis que je suis allongé ici, on pourrait penser que je me repose, avec le tabac qu’on nous donne et la gnôle qui circule, mais ça suffit à peine à casser le cerveau. Pas comme cassé comme ceux que j’ai vu se répandre sur le sol, cassé pour éviter de se souvenir. J’ai aucune idée de quand ça s’arrêtera, tout ce que je vois, c’est que je dormirai plus jamais. Chaque nuit, je recommencerai à me battre, à moins d’avoir bu assez… Et cette guerre, elle ne s’arrêtera jamais! »

J’admets que j’espérai moins de larmes et plus de récits héroïques. Je ne retranscrit ici qu’une conversation que j’ai pu avoir mais elles ont toutes la même teneur. La guerre ça fait souffrir et ils y sont allés la fleur au fusil avant de se retrouver bloqués. Ça a duré 4 ans. Ces quatre années semblent sûrment évidentes au lecteur mais avez-vous déjà éprouvé de l’angoisse à attendre un courrier ou un événement sans savoir combien de temps vous alliez attendre?

De retour sur la lune, à mon époque, je me demande :

Avez-vous déjà commencé quelque chose en étant incertain du résultat? L’Histoire paraît toujours évidente parce qu’elle est terminée. C’est ce qui fait qu’elle semble si vraie, si évidente aujourd’hui mais vous-même, pensez-vous que demain est écrit? C’est ce que nous voulons vous démontrer à travers votre hebdomadaire Vérité Magazine : l’évidence se voit toujours dans le passé.

Boris Matter, pour Vérité Vraie Magazine, le 08/03/2220, depuis la lune.